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04/03/2010

_Index de la revue Marginal_

Index de la revue Marginal : Francis VALERY : 1988 : Académie de l'espace (collection "Orion" #5) : pas d'ISBN : 10 pages (pas d'index) : coûtait quelques francs pour un fascicule avec agrafage central sorti en tirage limité (50 exemplaires).

Index de la revue Marginal.jpg

Cette production est due à l'infatigable F. Valéry, un des grands noms du fanzinat des années 80. Comme son nom l'indique, il s'agit d'un index de la revue Marginal. Constitué de 15 numéros sortis par OPTA (+ un 16ème au statut discuté) cette "revue" était plus une sorte d'anthologie thématique périodique pensée par Michel Demuth. Sa la ligne directrice était globalement de remettre à la disposition des lecteurs des textes publiés dans la première incarnation du Galaxie dans sa première incarnation, même si cette règle a connu son lot d'exceptions (textes d'autres provenances, voire inédits en VF).

Marginal 01 (OPTA 1973).jpg

Extrêmement court, cet ouvrage se divise en une encore plus courte (deux pages) introduction à la revue et un index des textes publiés. L'index est par nom d'auteur (pas d'indication de pseudonymes) puis par ordre alphabétique de TF. Les informations bibliographiques fournies sont assez limitées : Auteur, TF, No du Marginal de parution, TO, première parution en revue US. Les textes de non-fiction (il y en a quatre) font l'objet d'une section séparée.

Marginal 15 (OPTA 1977).jpg

Pour avoir réalisé à la même époque un travail similaire pour mon fanzine Quasar, je peux juste dire que le travail de Valéry est d'une qualité fort honorable et conforme à ce qui était possible avec les outils de l'époque d'où certaines limites (TO non trouvés, variantes non recensées). Je constate simplement qu'il est tombé dans le seul piège bibliographique de cette série, à savoir que la nouvelle de Damon Knight Une belle invention est présentée par la revue comme étant une traduction de Anachron, alors qu'il s'agit en réalité d'un autre texte complètement différent (Thing of beauty). Une confusion qui perdure sous forme inversée sur le net où la traduction d'Anachron du Livre d'Or de Knight est parfois considérée comme étant celle de Thing of beauty. Pour la petite histoire, c'est une sorte de texte maudit puisqu'il sera victime d'un autre changement de titre en devenant Arachon (sic) dans l'anthologie Timegates.

Quasar 1.jpg

Un des derniers exemples de bibliographie faite "à la main", qui a dû demander pas mal de travail à l'auteur mais qui s'obtient maintenant en quelques clics. Une curiosité d'un autre âge d'autant moins utile que la partie critique est inexistante et que "l'histoire" du fameux numéro 16 de la revue n'est pas du tout abordée..

Timegates (Ace 1997).jpg

Note GHOR : 1 étoile

24/02/2010

_Images de la science fiction_

Images de la science fiction : Steven EISLER : 1980 : Gründ : ISBN-10 2-7000-0304-7 : 96 pages (y compris index) : un HC grand format ("coffee-table book") avec jaquette et illustré en couleurs sur papier glacé qui se trouvait neuf chez les soldeurs, et facilement d'occase.

Images de la science fiction.jpg

Cet ouvrage est la VF de Space wars : Worlds & weapons, un livre publé en 1979 par Crescent en Grande Bretagne. Un point intéressant est la détermination de son auteur. En effet, il n'existe quasiment pas d'autre trace d'un Steven Eisler dans le petit monde de la SF alors que le texte montre une connaissance du genre certaine. La conclusion logique est qu'il s'agit d'un pseudonyme. L'avis général est qu'il s'agit de celui de Robert Holdstock, auteur britannique récemment décédé. Rien de définitivement probant n'a été trouvé sur le sujet et les traces remontent à un article de Wikipedia (http://en.wikipedia.org/wiki/Robert_Holdstock) qui réussit l'exploit de citer une source (la note 8) qui, une fois consultée ne parle absolument pas de ce pseudonyme. Malgré tout, cette hypothèse est AMHA probablement juste, surtout quand on voit que ce livre évoque un nombre disproportionné de livres écrits par Holdstock sous ses pseudonymes attestés (Chris Carlsen, Ricahrd Kirk), un clin d'oeil bien dans la manière de l'auteur.

Earthwind (Faber 1977).jpg

Commençant par une préface de Chris Foss, le livre est constitué de cinq chapitres sur les principaux thèmes du genre. Chacun d'entre eux allie un court texte théorique sur son traitement par la SF (ou la Fantasy) à des grandes (pas mal de pleines pages) illustrations en couleurs et quelques écorchés techniques qui ont la particularité (un peu comme dans Mechanismo) d'avoir des légendes fictives qui racontent une sorte histoire du futur. Un glossaire tout aussi fictif et un index (comportant les TO & les TF) concluent ce court livre. En matière de sources iconographiques, on a une prédominance d'artistes britanniques de l'école post-Foss que l'on retrouvera sur nombre de FNA mais aussi quelques choses plus originales (pulps, PB américains).

L'ile des Bahalim (FN 1977).jpg

Pour un livre dont l'ambition principale est d'offrir un spectacle visuel, le résultat est probant avec des images magnifiques et parfaitement reproduites même si elles sont parfois victimes d'un cadrage aléatoire, certaines étant montrées sous leur forme complète (permettant de voir des parties coupées pour les couvertures de livres) alors que d'autres sont bizarrement coupées. A noter que la correcte attribution des images à leurs auteurs est assez difficile à faire. 

Way station (Methuen 1976).jpg

Cette débauche visuelle ferait presque oublier le texte de Holdstock/Eisler. Il est court et sans grande originalité mais n'en est pas moins fort compétent et bien servi par une traduction qui a fait l'appréciable effort de retrouver efficacement les TF des oeuvres citées quand ils existent (l'index fournuit d'ailleurs les deux, chose rare). Le point faible est le mélange de la fiction (les légendes des images, le glossaire) et de la non-fiction qui conduit (pour moi) à un ouvrage déséquilibré qui aurait dû choisir entre la voie du pseudo-guide (comme la série de Cowley) ou de l'ouvrage sur la SF avec légendes adaptées. Du coup, on a là un bel objet mais qui est victime d'un placement trop écartelé pour être complètement satisfaisant.

Vaisseaux de l'espace.jpg

Note GHOR : 1 étoile

22/02/2010

_The artificial paradise : Science fiction and american reality_

The artificial paradise : Science fiction and american reality : Sharona BEN-TOV : 1995 : The University of Michigan Press (série "Studies in literature and science) : ISBN-10 0-472-10580-9 : 201 pages (y compris index) : coûte 65 USD pour un HC d'un format assez étroit non illustré avec jaquette, disponible en neuf chez l'éditeur http://www.press.umich.edu/titleDetailDesc.do;jsessionid=....

The artificial paradise.jpg

Cet ouvrage est écrit par une poétesse et professeur d'anglais dans diverses universités américaines et israéliennes qui est basé sur sa thèse de 1991. Au vu de l'évolution de la carrière de l'auteur, ce livre est écrit par quelqu'un qui reste relativement étranger au genre. La thèse défendue par Ben-Tov est que la SF (et plus précisément la SF américaine moins l'utopie) est une sorte de rêve collectif qui vise à remplacer la nature par la technologie dans le but ultime et paradoxal de permettre à l'Adam américain de retourner dans le jardin d'Eden.

Soleil mort Kesrith (OPTA 1983).jpg

Le livre est divisé en une introduction et cinq chapitres assez longs (sauf le dernier). Le premier se concentre sur la conceptualisation du Paradis Terrestre par la SF via le truchement de la science qui remplace la nature féminine par l'artifice technologique masculin. Le deuxième développe l'idée d'une machine à rêver américaine spécifique que l'on voit par exemple à l'oeuvre chez Mark Twain. Le troisième étend cette image à la frontière spatiale par le biais d'une lecture détaillée de la trilogie Faded sun et de la série Dune. L'avant dernier démonte l'attirance de certaines féministes (Haraway principalement) pour la cyborgisation et le cyberspace. Une courte conclusion ainsi qu'un index clôturent l'ouvrage.

The faded sun Shon'jir (DAW).jpg

Je dois avouer ne pas avoir accroché à cet ouvrage. L'essentiel du raisonnement de Ben-Tov se faisant sur une base dichotomique très marquée qui oppose les pôles Nature/Femme/Objet/Corps/Emotion/Bien à Technologie/Homme/Sujet/Esprit/Raison/Mal où la SF se retrouve systématiquement du côte du méchant mâle violeur et destructeur de la nature qui veut percer ses secrets (via la science) pour pouvoir la récréer (parce qu'en fait elle lui manque). Même si on peut trouver des exemples de SF manifestant cette idéologie, la réduction du genre à un seul scénario universel est déjà une première idée aussi étrange que prétentieuse.

La reine des neiges (JL 1985).jpg

On tombe là sur le défaut qui sous-tend l'ouvrage, à savoir que la connaissance du genre par l'auteur semble plutôt limitée. Chacune des généralités présentées comme des vérités peut aisément être réfutée par de nombreux exemples (on va dire Simak pour le supposé biais anti-nature de la SF). C'est aussi flagrant dans son analyse de Dune, présenté comme le fantasme machiste du héros tout-puissant, qui me semble être une lecture au premier degré d'un texte fondamentalement bien plus critique sur cette idéologie que Ben-Tov ne le croit. Malgré tout, une partie du livre est intéressante, comme quand l'auteur re-raconte à sa façon critique certaines oeuvres (Player Piano, Snow Queen, Neuromancer) même si, en particulier dans le cas de la trilogie de Cherryh, on arrive vite à saturation face à ce qui pourrait passer pour du simple remplissage. Au final un ouvrage trop binaire et trop peu recherché pour être complètement crédible et qui le fait payer fort cher.

Player piano (Panther 1969).jpg

Note GHOR : 1 étoile

05/02/2010

_The history of science fiction_ (Miller)

The history of science fiction : Ron MILLER : 2001 : Franklin Watts : ISBN-10 0-531-13979-4 : 144 pages : coûte 14 USD pour un TP au format carré illustré en N&B, doit pouvoir se trouver en neuf.

The history of science fiction.jpg

Cet ouvrage est écrit par Ron Miller, un auteur/illustrateur dans le domaine de la SF et de l'espace (voir son site : http://www.black-cat-studios.com/). Il s'agit d'un de ces ouvrages généraux qui ont pour objectif d'initier le lecteur néophyte ou simplement intéressé à la SF. Etant publié par un éditeur spécialisé dans les publications (qui fait partie du groupe Scholastic) destinés à la jeunesse, la cible visée ici est claire et le livre adapté à la tranche d'âge (je dirais à la louche les 12-15 ans) de par son côté aéré et la structure du discours.

Dome (Berkley 1987).jpg

L'ouvrage est divisé en huit chapitres d'inégale longueur. Le premier se plie à l'exercice imposé de la définition du genre, les trois suivants retracent l'histoire de la SF (qui commence à Lucien pour l'auteur). Le cinquième traite des grands thèmes abordés par la science fiction (des empires galactiques aux extraterrestres). Il est suivi par un traitement du genre à l'écran (Cinéma et TV) et de l'illustration. Le dernier chapitre concerne l'interaction entre la SF et la "vraie vie" (côté prophétique du genre, activités sociales en son sein). Plusieurs annexes terminent l'ouvrage : la liste des lauréats des Hugos et des Nebulas (romans seulement), une bibliographie d'ouvrages sur la SF (y compris des sites Internet) et de titres importants et un index. Le tout est largement illustré de pleines pages en N&B (couvertures, illustrations, photos de films).

The black sun (Tor 1998).jpg

Etant nettement trop vieux pour ce livre, mon regard n'est pas forcément le plus adapté. Il s'agit en tout cas d'un bon ouvrage d'initiation relativement exempt d'erreurs (on pourra toujours chipoter sur l'appartenance d'un livre de 1954 à la New Wave). Les points essentiels de l'histoire du genre sont présents et l'analyse de Miller extrêmement classique (précurseurs->proto->SF Gernsbackienne->âge d'or Campbellien->récession->New Wave->Cyberpunk) et passe bien par les points de passage obligés de toute histoire du genre (l'affaire Cartmill, le féminisme, Gibson...).

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Au final un livre aéré, sympathique qui remplit parfaitement sa mission de fournir à de jeunes lecteurs un aperçu du genre dans son histoire et son étendue. Du coup, et sans vouloir enlever de ses qualités, cet ouvrage est strictement inutile à l'amateur un tant soit peu avisé.

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Note GHOR : 1 étoile

02/02/2010

_Red planets : Marxism and science fiction _

Red planets : Marxism and science fiction : Mark BOULD & China MIEVILLE : 2009 : Wesleyan University Press : ISBN-13 978-0-8195-6913-4 : 293 pages (y compris bibliographie et index) : coûte 28 USD en neuf pour un TP non illustré, il semble exister un HC à 75 USD et une publication simultanée par Pluto Press.

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Coédité par Mark Bould (un universitaire spécialiste du cinéma de SF) et China Miéville (un auteur britannique qui produit du "New Weird", une étiquette de sa création), cet ouvrage est un recueil d'essais inédits sur les rapports entre Marxisme et SF. Même si la coloration politique de la SF a toujours été assez difficile à déterminer malgré généralement une acceptation tacite du capitalisme (parfois sauvage), il a toujours existé, quelles que soient les époques, une frange du genre d'inspiration clairement marxiste, de London et Bellamy à MacLeod en passant par Reynolds (Mack), frange que cet ouvrage ambitionne d'explorer.

Tomorrow might be different (Sphere 1976).jpg

Ce recueil comporte 11 essais d'une vingtaine de pages chacun qui sont regroupés dans trois parties principales : la première (4 textes) traite de l'ambition utopique dans les ouvrages de tendance marxiste (littérature avec Le Guin et K. S. Robinson, cinéma avec Wenders); la deuxième (3 textes) se focalise sur la SF récente avec par exemple une discussion sur la Singularité ou sur Ken MacLeod; la troisième et dernière (4 textes) rassemble des textes sur la SF écrits dans une perspective marxiste. Une longue postface de Miéville fait ensuite le point sur l'état des lieux de la théorie marxiste de la SF (Suvin, Freedman, Jameson). Plusieurs volumineux appendices sont fournis : une longue (20 pages) liste brièvement commentée des oeuvres "de gauche" (textes et films), une liste d'ouvrages de référence sur le marxisme et/ou sur la SF et un index.

The cassini division (Orbit 1998).jpg

Autant le thème de ce recueil d'essais semblait à la fois séduisant, audacieux et original, autant le résultat final est décevant. En effet, ce livre illustre bien la problématique des ouvrages de référence sur le genre quand ils sont écrits par des intervenants plutôt extérieurs à celui-ci comme c'est la cas ici où la majorité des auteurs sont issus de la sphère universitaire des sciences sociales ou des départements d'Anglais "classiques". Il se produit un phénomène analogue à celui que l'on rencontre pour les minutes "Eaton conferences" qui est parfaitement illustré par le tout premier texte de Matthew Beaumont : sur les vingt pages de son essai (The anamorphic estrangements of science fiction) la majorité sont consacrées à une discussion du célèbre tableau de Holbein (Les ambassadeurs) et son fameux crâne anamorphique. Un vague lien n'est fait avec la SF (en fait avec la théorie Suvinienne du genre) qu'au moment où l'essai se termine.

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De nombreux textes sont dans ce cas où l'auteur n'hésite pas à enfourcher son dada favori (que ce soit le film noir, la république de Weimar et la critique cinématographique, l'exploitation des animaux, les évènements de 1968, Le Corbusier, etc.) sur plusieurs pages avant de se rappeler qu'il doit parler de SF ce qui nous vaut généralement un violent retour final dans le genre avec force clichés et auteurs convenus (Le Guin, Atwood). Même les pratiquants du genre comme Miéville donnent particulièrement dans l'abscons avec un texte sur l'évolution des théories marxistes du genre qui n'est compréhensible que pour qui les connaît bien. Ce manque de connaissance du genre est d'ailleurs illustré de façon frappante par deux choses : l'absence presque complète de discussion de la SF des pays de l'Est (que l'on pourrait croire comme pertinente sur un tel sujet) et le fait qu'une infime (à la louche moins de 10%) partie des oeuvres listées en appendice sont ne serait-ce que simplement mentionnée dans les essais.

Accelerando (Ace 2006).jpg

On peut toutefois sauver de ce livre la bibliographie, quelques bribes sur les nouveaux auteurs britanniques et le texte sur MacLeod (bien qu'il existe un ouvrage nettement plus approfondi sur le sujet). Un joli ratage qui montre que la réflexion sur le genre ne s'improvise pas si aisément que cela.

The star fraction (Legend 1995).jpg

Note GHOR : 1 étoile